A une passante


 

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

C harles Baudelaire Les Fleurs du mal, 1857


Here you can found 3 differents translations of this beautiful poetry of him (Baudelaire).
By the way I’m not found of Daria Werbowy  AT ALL but by reading this poem these two photos came to my mind.
Don’t you think there’s a good match between her and these words?
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novembre 12, 2010. Étiquettes : , , , , . Quotes. Laisser un commentaire.